11 jours à Istanbul… et j’y retournerais n’importe quand

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Il pleut en arrivant à l’aéroport d’Istanbul… Je rencontre un Québécois, Olivier, dans la file d’attente pour obtenir mon visa turc, qui coûte 60 dollars américains. Olivier et moi prenons le métro, puis le tram. Il débarque quelques stations avant moi. Je sors à la station Tophane où est situé mon auberge de jeunesse, Bada Bing. On me conseille de manger au Nato Lokantasi, un petit resto local qui s’avère être pas mal, mais sans plus. J’ai mangé un döner kebab, une spécialité on ne peut plus classique : un sandwich à la viande cuite sur une tige de métal tournante.

Je marche jusqu’à la tour de Galata, dans le quartier Galatasaray, puis je redescends vers le marché de poisson de Kadiköy, tout près du pont. Sur le chemin du retour, je m’arrête au Otantik Café où je prends mon 2e thé de la journée. Je me dirige ensuite vers Istiklal Caddesi, la grosse rue piétonne qui bourdonne de monde. Au bout de l’Istiklak Caddesi se trouve le Taksim Square, la grande place publique au centre de la ville.  Je retourne ensuite à mon auberge, et nous partons 4 ou 5 pour aller souper au Datli Maya, un tout petit resto dans Cihangir. Nous dégustons des pide et des lahmacun, deux versions turques de pizza, et je goûte mon premier ayran, une boisson de yogourt salé. Je n’aime pas trop… mais à la fin du voyage, j’y étais accro!

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Je prends le petit déjeuner à mon auberge, puis je pars en direction du pont de Galata, où des hommes pêchent tous les jours. Je rejoins Olivier à la station Karaköy, puis nous marchons jusqu’à Ortaköy, un quartier vibrant de par son port, ses universités et ses nombreux restaurants, bars et cafés. En chemin, nous voyons le palais de Dolbamahçe et l’Hôtel Four Seasons : le luxe à son meilleur! Arrivés à destination, nous dégustons un kumpir (pomme de terre farcie) et une gaufre.

La batterie de ma caméra choisit ce moment pour se décharger complètement, et nous partons à la recherche d’un chargeur, dans Beşiktaş. J’ai beaucoup aimé ce quartier pour y être revenue plus tard. Malheureusement, comme je n’avais plus de piles dans ma caméra, je n’ai pas vraiment de photos du quartier… il y a un marché de poisson en plein centre (voir jour 5, lorsque j’y suis retournée) et des tonnes de boutiques. Ce qui est particulier à Istanbul, c’est que les boutiques sont regroupées par catégories : il y a le coin des magasins d’équipement électronique, le coin des magasins de plomberie, etc. À Beşiktaş, c’est l’électronique qui domine.

Nous retournons jusqu’à la station Kabataş où nous prenons le funiculaire (note : nous sommes un peu déçus, le funiculaire est intérieur, nous nous attendions à une belle vue de la ville…) qui nous ramène jusqu’au Taksim square. Nous marchons encore sur Istiklal puis prenons la Nevizade Sokak, la rue des restaurants de poisson. Encore là, c’est bouillant de monde! Nous nous posons dans un petit café où nous apprenons les bases du tavla (backgammon), en prenant un thé, bien sûr.

Nous voulons aller voir un spectacle de danseurs traditionnels (dervish turners), mais arrivons en retard et nous chicanons avec le propriétaire de la place. Fâchée, je tourne les talons et décide que nous devons partir. J’ai envie d’aller manger dans le quartier de Kumkapı puisque j’ai entendu dire que c’est un bon quartier pour manger du poisson. Finalement, Olivier (un peu naïf) décide de suivre le conseil du chauffeur de taxi qui nous dirige plutôt vers les restaurants ultra-touristiques situés sous le pont de Galata, où nous avons dépensé une fortune pour un repas même pas si bon…

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Ce matin, nous visitons Topkapi et la Mosquée Bleue. Je n’ai toujours pas de piles dans mon appareil photo malgré que j’aie trouvé un chargeur, parce qu’une petite « pin » était enfoncée, ce qui fait que ma batterie n’a pas rechargé du tout pendant la nuit! Ma batterie est à l’auberge d’Olivier pendant la matinée (il a réussi à réparer mon chargeur). À notre retour, ma batterie est bien rechargée (joie!) et nous rencontrons trois montréalaises : Abigaël, Maria et Béa, qui me donnent plein de conseils sur mes prochaines destinations en Turquie. Une amie d’Olivier vient nous rejoindre et nous partons manger sur une terrasse sur un toit.

Dans l’après-midi, nous allons au Grand Bazaar, où mes yeux se régalent de couleurs! On magasine un peu : j’ai acheté une écharpe et une petite cuillère pour mon blogue. Nous repartons ensuite pour Istiklal Caddesi pour vivre la frénésie de la soirée, et essayons une spécialité de bouffe de rue, les moules farcies (midye dolma). Je n’ai pas très faim, alors je ne mange qu’une soupe aux lentilles (mercimek çorbasi) pour souper. Nous allons ensuite dans un bar où nous fumons le nargile.

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Je pars de mon auberge avec un japonais, Masato, et nous marchons jusqu’au port d’Eminönü. Là, je prends un bateau qui m’amènera jusqu’au bout du Bosphore, le fleuve qui traverse la ville et qui sépare l’Europe de l’Asie. En chemin, je goûte au yogourt de Kanlıca. Le bateau nous débarque à Anadolu Kavağı, où le Bosphore se jette dans la mer noire. Sur le chemin qui me mène au sommet d’une colline où se trouvent les ruines d’un château, le fais connaissance avec deux petites filles trop mignonnes qui ne parlent pas anglais, à l’exception des noms des animaux que nous rencontrons (dog, cow…) De retour au village, je mange un sandwich au maquereau, puis je reprends le bateau. Dans l’après-midi, j’ai un petit creux alors je mange un épi de maïs, une autre spécialité de bouffe de rue. Je constate rapidement que le maïs est bien meilleur chez nous! Puis, je visite le marché des épices (Egyptian bazaar). On m’offre des noix, des fruits séchés, des lokums… mes yeux se régalent aussi!

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Je rejoins Olivier un peu avant 9h pour visiter Aya Sofia, une ancienne église chrétienne de Constantinople du 6e siècle, devenue une mosquée au 15e siècle. Nous prenons ensuite le traversier pour Kadıköy, en Asie. Au port, nous partageons un dürüm (wrap) au tantuni, une viande hachée bouillie épicée qui rappelle un peu les saveurs mexicaines. Puis, nous tombons par hasard sur une cuisine (je dis cuisine parce que ce n’est pas un restaurant à proprement parler : c’est une cuisine avec un toit et 2 petites tables basses, et la cuisinière/serveuse/propriétaire ne parle pas anglais!) où nous nous délectons une fondue au fromage (muhlama) avec un pain de maïs, des feuilles de chou farcies (sarma lahana) et des légumes en saumure (turşu). Nous nous promenons dans les quartiers modernes et huppés, puis prenons un café turc. Je découvre ensuite les restos de type « cafétéria », qui sont comme des buffets en fait. On peut choisir parmi une sélection de plats chauds et froids devant nous. C’est bon et pas cher! Comme nous n’avons pas faim après tout ce que nous venons de manger, nous ne prenons qu’un dessert à partager. Notre choix s’arrête sur un sütlaç, un pouding au riz vraiment trop bon.

Nous repartons à la marche et sous perdons en essayant de nous rendre à Üskudar, qui s’avère être beaucoup plus loin que prévu. Nous attrapons un dolmuş (minibus) en chemin et retournons au port pour reprendre le traversier. Nous retournons à Beşiktaş et décidons de faire l’expérience de ces fameux restaurants-cafétérias. Nous goûtons à un plat d’haricots blancs cuits dans une sauce tomate (kuru fasulye), des épinards coiffés d’un œuf (Yumurtalı Ispanak) et un plat d’aubergines (patlican yemegi). Le soir, je retourne à mon auberge, où nous prenons une bière sur le toit et partons pour le pub crawl. La soirée se terminera mal par un australien qui essaye de m’embrasser…

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Je décide de me promener seule aujourd’hui, et d’explorer la ville un peu. Je commence la journée en achetant mon billet d’avion pour Izmir et prendre les infos pour le train jusqu’à Selçuk, et je réserve mon lit à Atilla’s Getaway. Puis, je pars et mange un Karişik tost (ce qui signifie « mixed toast », un genre grilled cheese au sucuk, le saucisson turc) avec un ayran. Je me perds (volontairement) dans le quartier de Pera et prends le pont Atatürk pour me retrouver dans les quartiers de Fener et de Balat, les anciens quartiers grecs d’Istanbul, où je déambule au hasard et mange un cornet. Je relaxe dans un parc sur le bord de la Corne d’Or où des familles font des pique-niques. À 20h je rejoins Béa, Maria, Abigaël et Olivier à la station Karaköy et nous cherchons pendant une heure le restaurant Salkim, un meyhane (restaurant traditionnel qui sert du rakı, la boisson nationale). Nous arrivons finalement et dégustons des köfte (boulettes de viande), du poisson, des petits poissons frits, des Sigara böreği (rouleaux frits) au fromage et différents mezes dont du humus, une trempette à la courge (dont je ne trouve pas le nom!), une salade d’aubergine (patlıcan salatası) et une trempette de yogourt au concombre et à l’ail (cacık).

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Je reviens à Istanbul à la fin de mon voyage, depuis la Cappadoce.

Le trajet fut très inconfortable. J’arrive à Istanbul vers 8h du matin et j’essaye de trouver l’appartement de Manon. Arrivée, je fais une belle sieste de deux heures, puis je prends une douche. Il n’y a pas d’eau chaude ce matin-là mais ça fait tellement de bien de se laver après une nuit passée dans un bus! Vers midi, nous rejoignons Gabrielle à Beşiktaş pour le déjeuner. Nous nous arrêtons au restaurant Pando kaymak et dégustons un succulent kaymak, une riche crème épaisse arrosée de miel, que l’on mange avec du pain. Nous partageons aussi une omelette au sucuk, le saucisson local.

Après avoir mangé, nous partons du côté de l’Asie, vers Üsküdar. Nous allons tout en haut de la montagne pour voir l’une des plus belles vues de la ville. Nous paressons dans un parc puis revenons à l’appartement prendre un café, en prenant une petite pâtisserie en chemin. Je rencontre Liz et Marine, les colocataires de Manon (américaine et française). Le soir, nous allons chez Mehmet, un turc (kurde) qui nous prépare son fameux bulgur. On me dit qu’il cuisine toujours ce plat lorsqu’il reçoit des invités. Je rencontre tous les amis de Manon et de Gabrielle. Une belle soirée!

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Je dors jusqu’à 11h. Le luxe! Je mange un acma pour déjeuner, puis nous allons rejoindre Gabrielle, Pierre-Marie et Pierre-Louis et partons chez Mehmet. Nous allons dîner à son université puis marchons jusqu’à la mosquée de Süleymaniye en repassant par le Spice Bazaar. En chemin, je nous achète des poğaça (un genre de chausson) épinards-fromage. Nous visitons la mosquée et relaxons dans le joli parc qui l’entoure puis nous revenons vers Taksim Square. Nous soupons dans un restaurant juste à côté de chez Gabrielle, Kardeşler, où je goûte à un vrai iskender kebap, des morceaux de viande de mouton arrosés de beurre servis dans une sauce tomate, sur des morceaux de pide, avec du yogourt. Le soir, nous sortons danser et je retente ma chance au rock ‘n roll, pieds nus parce que j’ai eu la mauvaise idée de porter mes gougounes ce soir-là!

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Nous allons dans le quartier très peu touristique et pas très riche, mais super joli qu’est Tarlabaşı et mangeons un menemen dans un minuscule restaurant qui est plutôt une cuisine avec deux tables basses sur le coin d’une rue. Le menemen est excellent, le service est parfait et nous avons du thé à volonté, pour 4,50 liras chacun. Les deux gars partent pour l’aéroport, Gabrielle rentre chez elle et Manon et moi allons à Bebek pour visiter le château de Rumeli Hisari. Nous revenons et je mange un dürüm en chemin comme nous n’avons aucune idée de l’heure à laquelle nous allons souper ce soir-là : nous allons faire un barbecue chez les parents d’un ami de Mehmet en banlieue d’Istanbul. Nous passons chercher nos choses à l’appartement, rejoignons Gabrielle à Kabataş et allons prendre le traversier à Beşiktaş avec les autres, direction : Beykoz. Nous arrêtons faire le marché puis montons vers la maison de l’ami en question.

C’est ce soir-là que j’apprends que je suis à l’étape des références pour mon emploi chez Via Rail. Alors que je suis sur mon téléphone pour écrire à mes parents la bonne nouvelle, sur le balcon du 2e étage (les autres étant sur le balcon du 3e), la maman de la maison apporte au papa son souper, qu’il mange justement sur mon balcon. Comme la coutume est de toujours donner de la nourriture aux gens à côté de nous et de ne pas manger devant eux, il me sert constamment de son poulet et de la bière, malgré que notre souper soit en préparation sur le barbecue en haut! Je finis par aller rejoindre les autres, nous mangeons et certains jouent de la musique et chantent. Vers 1h, Gabrielle et moi allons dormir les premières. D’autres auront attendu le lever du soleil…!

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Je suis vraiment fatiguée, mais évidemment pas autant que tous les autres qui ont fait la fête toute la nuit. Nous nettoyons les traces de notre petite soirée puis partons déjeuner. Il n’y a rien d’ouvert, alors je prends un simit et un thé. Nous prenons un tout petit bateau qui nous ramène sur la rive européenne et voyons des dauphins lors de la traversée. Nous prenons ensuite un bus qui nous ramène à Taksim. Manon tient à me faire goûter aux böreks à la viande (délicieux) alors nous les dégustons chez elle. Nous faisons la sieste puis prenons un macaron pour collation.

Gabrielle vient nous (Manon, Liz, Marine et moi) rejoindre sur Istiklal puis nous descendons dans Galata, où nous magasinons des bijoux. J’y découvre un super beau quartier, plein de restos, de boutiques, c’est très branché et hip! Pour souper, nous avons envie de mexicain alors nous allons chez Çiço puis nous allons prendre un verre (un café pour moi) à Ispanak, un bar derrière Istiklal. Je rentre tôt et vais me coucher.

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Ce matin, Liz et moi préparons des pancakes pour les filles! Miam! Puis, nous partons faire le marché dans Tarlabaşı (c’est le marché du dimanche) où nous rejoignons Mehmet. Nous allons ensuite chez lui et il nous cuisine son menemen, que nous dégustons avec le pain acheté au marché et des olives fraîches délicieuses. Nous allons ensuite prendre une limonade sur la terrasse du toit du 5.kat, un très beau bar/restaurant qui offre une vue superbe d’Istanbul. Nous marchons ensuite jusqu’à Fatih et comme c’est très loin, Gabrielle et moi prenons un baklava au chocolat en chemin. Nous n’en revenons pas tellement c’est bon. Nous allons souper au Siirt Fatih Büryan Kebap Salonu. Ici, c’est traditionnel à souhait : le thé est gratuit et à volonté (notre verre est rempli dès qu’il est vide). Je bois l’ayran le plus mousseux de mon voyage : tellement qu’il doit être bu à la cuillère! Nous partageons plusieurs plats : büryan (viande d’agneau cuite dans un puits profond de 2,5 mètres dont le haut est fermé à l’aide de terre et de boue afin que l’air n’y rentre pas. La viande est ensuite servie sur une pide cuite dans le four à pain), perde pilav (plat complet de riz préparé avec du poulet et différentes épices ainsi que des amandes, des raisins secs et des pistaches, cuit dans un moule qui fait comme une croûte, servi fraîchement démoulé), bumbar (saucisses chypriotes farcies de riz, de bœuf, à la tomate : ç’aurait pu être bon, mais le boyau était terriblement épais et caoutchouteux…!) et, mon plat préféré, le beyti kebap, la version turque du bœuf Wellington (viande hachée cuite dans une pâte feuilletée, tranchée et servie avec une saute tomate et du yogourt). Pour dessert, je tenais à essayer le künefe malgré que je fusse pleine : un plat de fromage fondu entre deux couches de cheveux d’ange revenus au beurre. L’ensemble est grillé au four des deux côtés et servi chaud dans un sirop. Nous roulons tellement nous avons mangé, et cela ne nous aura coûté que 15 liras chacune (10$!) Nous retournons à la maison et dormons très bien.

Le lendemain, je n’ai pas envie de partir. Je mange une omelette au sucuk avec Manon puis me prends un dernier acma pour la route. Gabrielle vient nous rejoindre pour me dire au revoir. Je prends la navette puis pars pour l’aéroport. J’achète des lokums pour Hamza qui a gardé mon appartement et mon chat pendant mon voyage.

11 jours à Istanbul, et 17 ailleurs en Turquie, avec deux courts sauts sur des îles grecques… un voyage qui a passé très vite.

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The author

Jeune expatriée canadienne vivant en Espagne, je raconte ici mes voyages, surtout dans le but de ne pas les oublier. Traductrice et rédactrice affamée.

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