Un sentiment de liberté au Portugal

Je suis partie le 8 août 2013, le 8 du 8, le 8 étant probablement mon chiffre chanceux en raison de ma date de fête (le 8 mars 1988), avec vraiment pas grand-chose qui me retenait : mon appartement était sous-loué pour 4 mois – je l’avais déjà quitté une semaine auparavant et je squattais chez une amie – et tous mes vêtements étaient dans mon petit sac à dos que j’avais apporté avec moi au bureau cette journée-là.

J’ai fait une escale à Paris peu mémorable – ma réelle destination était le Portugal. Enfin, ma première destination, à partir de laquelle je ferais un genre de boucle, mais en fait rien n’était vraiment décidé puisque je n’avais même pas acheté de billet de retour. Rendue là, rien ne m’importait vraiment. J’avais juste envie de partir, loin, et longtemps.

Je suis arrivée à Lisbonne en fin d’après-midi, pensant comprendre quelque chose, mais le portugais s’est avéré être une langue impossible à décoder avec le peu d’espagnol que je connaissais. On aurait dit de l’allemand. Mon auberge de jeunesse, quant à elle, s’est avérée difficile à trouver, et ma première ride d’autobus fut plutôt éprouvante, mais je me suis finalement rendue. L’endroit était cool. On a fait un party barbecue le 1er soir, ce qui m’a fait oublier à quel point mon pouce, duquel j’avais coupé à la mandoline 3 jours plus tôt un morceau gros comme un Smarties, faisait mal chaque fois que mon cœur pompait.

Je suis évidemment tombée en amour avec la beauté de Lisbonne, mais ça a sûrement à voir avec les pasteis de nata de Belém.

C’est à Porto, ou plus précisément à Espinho, que j’ai fait ma première expérience de couchsurfing (qui, on le sait, changera ma vie à jamais à peine 3 semaines plus tard). Luis m’a reçue à la station de train en me demandant si j’avais faim (quelle question!), pour m’emmener dîner chez ses parents, le plus normalement du monde. Ce que maintenant je comprends depuis que je vis dans ces coins de pays, c’est qu’il n’y a rien de bizarre à inviter des inconnus à manger chez vous, parce que le plaisir de partager la nourriture est déjà une assez bonne excuse. Mais à l’époque ça m’a surprise – dans le bon sens.

Espinho, pour moi, ce fut avant tout une expérience humaine. Ce sont les gens que j’ai rencontrés au party de fête de, encore une fois, un inconnu, lors ma 2e journée. Apprendre à chanter joyeux anniversaire (parabéns!) en portugais. Me lier d’amitié avec une marocaine et sa charmante petite fille qui habitaient le coin depuis quelques années. Découvrir le nord du Portugal avec Sofia et ses histoires d’amour tourmentées.

Ce fut aussi découvrir une histoire et une architecture surprenantes. Et ce fut une folle passion pour la gastronomie portugaise et ses marchés publics, dont cette fois où nous avons fêté toute la nuit pour finalement se rendre au marché de poisson à 5h du matin alors que les pêcheurs revenaient sur la côte et que commençaient les enchères, pour prendre un petit verre de vin avec eux avec quelques tranches de jambon (presunto). Inoubliable.

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The author

Jeune expatriée canadienne vivant en Espagne, je raconte ici mes voyages, surtout dans le but de ne pas les oublier. Traductrice et rédactrice affamée.

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